Le marché des e-EDP : profils d’utilisateurs, prévention

D’après l’étude qualitative « LA PRATIQUE DES E-EDP NOUVEAUX USAGES, NOUVEAUX ENJEUX DE   RISQUE ET DE PRÉVENTION », réalisée par Smart mobility lab, pour l’Association Prévention Routière et  Allianz*

 

↗ LES PROFILS D’UTILISATEURS : 5 PROFILS IDENTIFIÉS

PROFIL « WORKER »

Les e-EDP concernés : majoritairement e-trottinettes + gyroroues (les «Wheelers»).

Des utilisateurs d’âges variés (en majorité des hommes citadins, qui utilisent d’abord l’e-EDP pour les trajets domicile-travail-domicile).

↗ Des usages monomodalité ou intermodalité. En substitution de la voiture ou aux transports en commun sur ces trajets. Dans un rayon d’action pouvant être éloigné du domicile (+30 km).

↗ L’e-EDP est aussi utilisé par certains dans le cadre d’usages récréatifs, et pour faire des petites courses Les motivations : un gain de temps et de sérénité pour aller au travail/études.

 

PROFIL « FAMILY »

Les e-EDP concernés : principalement des utilisateurs de e-Trottinettes, les plus facilement accessibles et pratiques dans un cadre familial + Hoverboards + e-Skates.

Tous types d’utilisateurs, hommes et femmes (citadins et ruraux), qui utilisent leur e-EDP pour des trajets quotidiens et WE, de courtes distances tant avec leurs enfants qu’à titre individuel (dans un cadre loisirs et/ou professionnel).

↗ En substitution au vélo, aux transports en commun ou à la marche à pieds, et un usage de jour, dans un rayon de proximité (1 à 5 km de chez soi).

Les motivations : être autonome dans ses déplacements, bouger de manière économique et sans se fatiguer ou subir les transports en commun.

 

PROFIL « HÉDONISTE »

Les e-EDP concernés : majoritaierement e-Trottinettes + hoverboards, e-skates.

Des utilisateurs d’âges variés, femmes et hommes qui utilisent leur e-EDP le week-end et parfois en semaine pour des trajets « plaisir » et sans contraintes.

↗ En substitution à la marche, au vélo, à la voiture ou aux transports en commun. Exclusivement en journée et à proximité de chez soi.

Les motivations : se faire plaisir, goûter aux joies de la glisse quand le temps et les conditions optimales sont réunies.

 

PROFIL « RANDONNEUR »

Les e-EDP concernés : majoritairement les gyroroues (les «Wheelers») + e-Trottinettes.

Des utilisateurs souvent passionnés d’âges variés qui utilisent leur e-EDP le week-end et parfois en semaine pour des trajets promenades ou randonnées à plusieurs.

↗ En substitution à la marche, au vélo, au VTT, aux rollers, à la moto sur tous types de voies empruntées (y compris les chemins). Ils circulent en toutes saisons, y compris la nuit.

↗ Un rayon d’action assez éloigné pouvant atteindre 30 km et +.

Les motivations : partager une passion commune, la sensation de glisse, se retrouver ensemble et découvrir des lieux différement.

 

PROFIL « SPORTIF »

Les e-EDP concernés : gyroroues, e-Skates et e-trottinettes. Très minoritaires, ils circulent en toutes saisons, y compris la nuit.

Des utilisateurs d’âges variés, majoritairement des hommes d’esprit « rider sportif qui l’utilisent surtout le week-end.

↗ Une vitesse pouvant être élevée de 25 km/h et + avec un esprit de compétition et à la recherche de défis.

↗ Tous types de voies empruntées (y compris chemins et forêts). Essentiellement en journée. Les motivations : partage des sensations de glisse, challenge personnel ou à plusieurs.

 

7 thoughts on “Le marché des e-EDP : profils d’utilisateurs, prévention

  1. Bonjour
    À propos de la futur loi de septembre prochain.
    Y aura t-il des dérogations pour les départements de France n’ayant pas de piste cyclable ? Comme la Martinique… tolérance sur trottoir à moins de 10kmh et moins d’utilisation sur la route qui reste dangereux. En martinique le 1er moyen de transport reste la voiture, le transport en commun est peu fiable et pas assez développé. La micro-mobilité serait une solution à alternative pour certains utilisateurs et écologique en même temps. Depuis 2017 je travail sur mon projet de création d’entreprise dans la micro-mobilité en Martinique je suis proche de l’ouverture et cette loi risque déjà de freiner mon commerce.
    Merci j’espère avoir une réponse de votre part, je continurai à travailler sur le développement de électrique et son environnement.

    1. Bonsoir monsieur,

      Merci de votre message.

      Je tiens déjà à dire, comme vous le savez sans doute, que nous ne sommes pas ceux qui décident de la future réglementation, contrairement à ce que de nombreuses personnes semblent penser. Nous travaillons depuis 3 ans à essayer de pousser des propositions raisonnables auprès des administrations. Nous sommes à l’origine de l’article 21 de la LOM, qui donnera aux autorités locales le pouvoir de contrevenir à une exigence du code de la route. Par exemple, si l’utilisation d’une chaussée 50 met l’utilisateur de l’EDP en situation d’usager vulnérable, le maire pourra autoriser le rabattement sur le trottoir, si c’est un trottoir pas chargé en piéton (exemple : zone industriels). C’est vraiment très important d’avoir cette possibilité de faire du cas par cas.

      La FP2M, tenant compte des nombreux échanges et de l’expertise de ses membres, s’est prononcée pour des propositions de dispositions dans le code de la route qu’elle estime, responsables et équilibrées, à savoir :
      x Autoriser les EDP à circuler sur les voies et les zones cyclables à une vitesse maximum de 25 km/h
      x sur autorisation des autorités locales, les EDP pourraient circuler sur les voies et les zones piétonnes à une vitesse maximum de 6 km/h (Mode « piéton » prévue dans la future norme européenne)
       Autoriser les EDP à circuler sur les chaussées limitées à 30 km/h et autres zones à circulations apaisées
       autoriser l’usage des EDP sur les chaussées à 50 km/h dans les zones non dangereuses dépourvues de pistes cyclables, sinon autoriser un rabattement sur le trottoir à la vitesse du pas, sinon (exemple : zone résidentielle)

      L’article 21 de la LOM permettra cela. Aux autorités locales de s’emparer de ce nouvel outil pour favoriser les mobilités nouvelles.

      1. Bonjour,

        Je circule au quotidien sur un ONEWHEEL qui peut atteindre les 30km/h (données constructeur) mais ce véhicule n’étant pas dédier à la vitesse je dépasse que très rarement les 25 km/h.
        Je porte toujours un casque et des protège poignet, j’ai une assurance spécifique pour mon engin souscrite auprès de la MAAF avec un certificat d’assurance et ayant un permis « A » gros cube depuis 1992 je suis largement au fait des règle de sécurité à adopter dans la circulation.

        Que pensez-vous de l’absence d’obligation du port du casque ( qui semble plutôt se rapprocher d’une mesure tendant à préserver le marché des trottinettes en libre-service du type LimeBike » au détriment de la sécurité des usagers) et qui couplée à la limitation des EDP à être limité à 25km/h pour être autorisé à rouler sur la chaussée avec le fait de leur donner accès aux chaussées limités à 50km/h soit une aberration en terme de sécurité ?

        La disparité entre des véhicules roulant à 50 km/h et les EDP limités à 25km/h entrainera forcément des situations bien plus dangereuses qu’avec des véhicules qui pourraient rouler à la même vitesse.

        Ne serait-il pas judicieux selon vous si cette loi qui a pour but d’encadrer les usages et protéger les usagers des EDP ainsi que le automobiliste et les piétons, pousse à l’adoption de l’obligation du port du casque et autorise les EDP pouvant rouler jusqu’à 50km/h.
        Le conducteur de l’EDP étant bien entendu dans l’obligation de respecter la limitation de vitesse en vigueur sur la chaussée emprunté. (30km/h sur une chaussée limitée à 30 et 25 km/h sur les pistes cyclables).

        Avec cette nouvelle loi, mon véhicule ainsi que de nombreux autres engins « monoroue » « skates électriques » « trottinettes » et autres dépassant les 25km/h en données constructeur vont de fait se retrouver hors la loi avec l’interdiction de circuler sur la voie publique, ce qui est un peu comme interdire une voiture de rouler sur la chaussée sous prétexte qu’elle puisse rouler à une vitesse supérieure aux limitations. L’usager étant considéré comme irresponsable et incapable de respecter les limitations de vitesses en vigueurs sur les voies empruntées.

        Ne craignez-vous donc pas, vous professionnels du secteur, que cette nouvelle loi en tuant les usages et les usagers ne tue également ce secteur en plein développement dont nous les early adopter allons être les premières victimes.
        Dans l’attente de lire votre avis.

        Cordialement

        1. Bonjour monsieur,

          Tout d’abord, à propos du casque. Nous sommes très, très favorable au port du casque mais pas à son obligation. Ceci n’est pas pour préserver les intér^ets des opérateurs de libre-service (qui ne sont pas adhérents de la FP2M d’ailleurs) mais pour préserver le développement de la pratique. Sachez que de nombreuses études sur l’entrée dans la pratique du vélo (et le parallèle entre les chiffres de vente des EDP et ceux des accessoires) prouvent que les utilisateurs réguliers, comme vous, s’équipent très vite en protections (casque en tête) après quelques mois de pratiques. Par contre, c’est un frein réel et avéré à l’entrée dans la pratique. D’ailleurs, les chiffres montrent que l’explosion des propositions de libre service est parallèle – avec un delta – de l’augmentation des ventes. Donc, les gens utilisent aussi le libre service pour tester si les trott répondent à leur besoin de mobilité. Notre rôle est de nous assurer du développement de la pratique, de l’usage des EDP. Évidemment qu’elle profitera aux fabriquant mais aussi aux assureurs, aux magasins, aux formateurs, aux villes, aux transport en commun. L’obligation du port du casque est contre-productive. D’ailleurs, seuls 3 pays dans le monde le rendent obligatoire pour le vélo. Par contre, les opérations de prévention et de promotion du port du casque est l’un de nos axes prioritaires de travail.

          Concernant les limitations de vitesse la situation est plus complexe que l’opinion voudrait bien le laisser entendre. Sachez que la future norme européenne couvrant les EDP limite la vitesse à 25 km/h et cela parce que ce document consiste à réaliser une analyse de risques de l’usage de l’engin et pour cela il faut définir les conditions, notamment en matière de vitesse maximum. De plus, le choix de prendre l’exemple du vélo (cutt-off moteur à 25 km/) a été fait au vu de l’historique en termes d’accidentologie et une documentation de retour d’expérience important. Les autorités françaises ont donc choisi prudemment de s’aligner sur les 25 km/h. Sachez d’ailleurs qu c’est plus restrictif en Allemagne et en Suisse (20 km/h), en Belgique (18 km/h) par exemple.
          Par contre, notre prochain objectif est d’obtenir une évolution du règlement européen sur l’homologation des véhicules afin qu’il soit possible pour les opérateurs qui choisiront de fabriquer des EDP rapides (plus de 25 km/h) de les entrer dans la catégorie cyclomoteur et donc d’avoir leur place dans l’espace public.

          Dans un texte qui impose une vitesse limite il y a toujours une tolérance à la valeur. La norme européenne prévoit 10%. Espérons que le décret français fasse de même.

          Il est évident que si nous ne comptions que des utilisateurs responsables comme vous l’êtes nous n’aurions aucun souci et besoin d’aucune régulation. Le problème c’est que le succès des nvei apporter inexorablement un lot d’individus moins scrupuleux en matière de sécurité et de civisme. Qu’ils soient en libre-service ou en propriétaire. Une réglementation se fait toujours aux dépends de la majorité responsable. Mais il est impossible de ne pas prendre en con la minorité d’écervelées.

          Sachez que, très probablement, le décret inclura un délai d’application pour les professionnels (entre 6 et 18 mois) et pour les utilisateurs (entre 12 et 36 mois en général) pour mettre leur engins en conformité.

          Bien à vous

          1. Merci pour votre réponse rapide est complète avec laquelle j’adhère en partie.

            Sachez que je n’avais aucunement l’intention de vous associer au intérêts du secteur des opérateurs de libre-service.

            Vous vous doutez bien que ce qui m’inquiète c’est de me voir banni de l’espace public avec mon véhicule hors norme (30km/h) même si il est possible de le brider de façon logicielle puisqu’il est accompagné d’une application permettant de modifier le mode d’utilisation et donc de réduire la vitesse maximale en dessous des dits 25km/h.

            deux dernières questions si je puis me permettre :

            – Pensez vous que le bridage logiciel de mon véhicule puisse être considéré comme une mise en conformité ?

            – Concernant la tolérance à la valeur de la vitesse maximale. La norme européenne prévoit 10% ou bien + ou – 5 km/h pour les vitesses inférieures à 100 km/h ?

            Auriez vous un texte de référence, car si il s’agit de 10% mon véhicule sera Hors la loi, la ou si il s’agit de 5 km/h de tolérance pour les vitesses inférieures à 100 km/h mon véhicule rentrerait dans la normes ?

            Très cordialement.

          2. 10% de 25km/h. Donc max 27,5km/h
            Je ne peux malheureusement pas diffuser le projet de norme européenne qui sera publiée par l’AFNOR.

            Nous ne savons pas encore si un bridage logiciel fait par l’utilisateur suffira. Nous n’avons pas eu accès au contenu du décret pour avoir des détails.

            Bien cordialement

          3. Bonjour
            Votre position sur le port du casque est erronée car incompatible avec la sécurité. Soit on utilise des arguments de sécurité et on reste cohérent = casque+gants+dispositifs de freinage de qualité… Soit on a des arguments commerciaux, on libère les contraintes pour libérer le marché. Mais mixer les deux entraîne des messages incohérents. Si le casque devient obligatoire, cela ne freinera pas vraiment ou de manière transitoire le marché des NVEI. Le port du casque et des gants obligatoires ne freine pas le marché des motos et scooters!!
            Simplement cela va freiner les utilisateurs lambda et en particulier ceux des flottes en accès libres qui n’ont pas de casques sur eux!
            Si vous ne défendez pas les free floateurs, alors adoptez une démarche en cohérence avec la sécurité et vos clients.
            Par ailleurs, votre position de ne pas défendre l’usage sur les routes non limitées à 50 km/h n’est pas vraiment adapté au développement de la pratique en dehors des grandes agglomérations.

          4. Monsieur,

            Une fédération est un lieu de concertation entre professionnels d’un secteur qui prennent des positions consensuelles non pas sur la base du ressenti d’un acteur mais résultants d’échanges et consultations d’études factuelles le plus souvent possibles. Nous considérons que les usages EDP 25 km/h sont assimilables à des usages type « cycle » et non « moto/scooter ». Et nos réflexions, les études et expériences que nous prenons en compte pour accompagner nos réflexions et nos propositions viennent de cet univers en plus de l’expérience des membres de notre fédération.

            Pour votre information, la fédération a également comme adhérents des fabricants d’accessoires, donc de casque. Si notre approche n’était pas réfléchi nous serions en faveur d’une obligation sans nuance car favorable aux intérêts économiques court termes de certains acteurs.

            Par ailleurs, la FP2M a toujours affiché, sans aucune ambigüité, sa définition de la micro mobilité: des engins légers, des déplacements de proximité (0-10 en moyenne), et des vitesses limitées (25 km/h). Nous ne sommes pas défavorable aux engins 25-45 km/h, ce n’est simplement pas la priorité des actions de la FP2M. Quant aux engins de plus de 45 km/h, nous considérons que nous sommes loin, très loin, d’un usage « micro mobilité ». Ils sortent donc des objectifs de notre fédération. Libre à d’autres structures de s’organiser et mener des actions en faveur de ce type de mobilité.

            Pour finir, cela fait 5 ans que des professionnels conscients travaillent au niveau européen et plus de 3ans au niveau national. Tous les professionnels devraient avoir le même niveau d’engagement.

            Bien à vous

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