Le libre service en micro mobilité: Lime et les fenêtres d’opportunités

Le 25 Juin dernier, avec tambours et trompettes, l’opérateur américain de service de trottinette en libre-partage dit « dockless » ou « free floating », LIME, débarquait à Paris et mettait en émois aussi bien les médias grand public que les autorités de la ville de Paris qui semblaient découvrir que ces nouveaux moyens de micro mobilité sont déjà largement adoptés par une population urbaine avide de solutions accessibles, légères, simples et écologiques.

Ce nouvel acteur, en attendant l’arrivée d’autres qui sont dans les starting-blocks, excite et inquiète en même temps les acteurs et usagers traditionnels.

A la FP2M nous considérons que ce sont des acteurs importants de ce marché en explosion qui laissera la place à tout le monde et qu’il nous faut accompagner dans leur déploiement et aussi bénéficier de leurs expériences dans les autres villes où ils se sont installés.

Il est évident que le service Lime a ce pouvoir de visibilité qui permet d’imposer encore plus les trottinettes électriques dans le paysage des villes, de montrer aux autorités administratives et locales qu’elles remplissent un vrai besoin dans la chaine multimodale des transports urbains et aux habitants des centre urbains ainsi que des périphéries que l’éventail de possibilités qui leur est (sera) offert est sans limite.

 

La filière traditionnelle est parfaitement consciente que de ces nombreux utilisateurs d’opportunité que le libre-service touche, une fois convaincus de l’utilité de la micro mobilité électrique, auront tendance à s’équiper de leur propre matériel pour plus de confort. C’est le phénomène qui a déjà été constaté sur le vélo avec l’arrivée du Vélib à Paris il y a quelques années. Le libre-service ne « vole » pas des clients aux magasins mais crée de nouveaux usagers. Le libre-service n’est pas l’ennemie de l’achat direct, au contraire, il répond à des besoins ponctuels existant et peut être un apporteur d’affaire pour l’économie traditionnelle de la vente.

 

Par contre, la FP2M a une grosse inquiétude sur le moyen termes sur laquelle elle veut mettre son énergie à réfléchir, avec d’autres, au moyen de la prendre en compte : Le libre-service va toucher certains utilisateurs qui ne sont pas des habitués du déplacement en trottinette, même mécanique. Les problématiques de prise en main des engins (formation à l’utilisation) pouvant monter à 24 km/h, la très faible connaissance des règlements d’utilisation et des contraintes de circulation ainsi que les potentiels comportements inadéquats et inciviques que l’on ne voit quasiment pas chez les utilisateurs de la première heure des nouveaux engins de micro mobilité vont avoir tendance à augmenter et ces nouveaux utilisateurs risquent de perturber l’image de la trottinette et le paysage économique des EDP (Engin de Déplacement Personnel) dans le moyen termes. Ceci nous pose question.

 

La communication autour de la loi de mobilité du 20 juillet dernier n’a pas répondu à nos attentes car rien de précis n’a été dit sur la future réglementation, mais des règles plus précises devraient être proposées par le gouvernement lors de la communication du Plan vélo le 10 septembre prochain. Les orientations sur lesquelles la FP2M semblent avoir eu une certaine écoute seraient « Voies cyclables + chaussées à 30 km/h« , mais des arbitrages seront toujours nécessaires quant aux voies de rabattement en cas de non présence de piste cyclables : trottoirs ou chaussées. Rappelons que la FP2M est pour une non interdiction généralisée mais de laisser aux autorités locales la main pour restreindre ou non l’utilisation des EDP sur certains espaces en fonction de la réalité du territoire.

Cette nouvelle loi, précise nous le souhaitons, et positive pour la filière (industrie et utilisateurs) nous l’espérons, donnera à la FP2M la possibilité de communiquer largement sur cette réglementation mais sera aussi une superbe fenêtre pour des actions de communication prévention/information auprès du grand public associant tous les acteurs ; utilisateurs, professionnels au travers la FP2M, autorités locales, pouvoir public, opérateur du libre-service).

 

A savoir que, Lors du prochain salon Autonomy sur la mobilité urbaine (18 au 20 octobre 2018, parc de la Villette), la FP2M souhaite prendre la parole pour : communiquer sur les chiffres du marché que nous sommes en cours de collecte au travers du Baromètre marché et, le cas échéant, discuter des orientations réglementaires (qui auront été communiquée) et de leurs impacts sur le marché en général.

 

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